Shanghai – Taipei – Séoul

CAPITAL IMMATERIEL

« Comment questionner un espace de recherche en voyage »


C’est à partir de cet axe de recherche initial que le désir d’expérimenter, de faire avec le contexte mouvant et inattendu du voyage, a donné lieu à ces traces filmées, qui elles-mêmes ont ensuite donné naissance à un objet vidéo permettant le partage de cette recherche chorégraphique. Découvrir différemment un pays. Investir les rues du vieux Shanghai, les places de Taipei, les temples historiques de Séoul, pour faire exister ce solo in situ, sans « répétitions » préalables, aux rebours des chemins habituels de la création. Agir instinctivement dans le lieu et le moment qui se présente. Donner corps à une recherche, donner à voir un corps performatif dans un espace piéton. Cette performance solo dans des espaces publics inconnus du performeur, est pensée à partir du moteur artistique suivant : corps anonyme, perdu dans une masse de corps et de regards, d’altérités indifférentes à sa présence, livré au mouvement et au regard des foules. Tous « ces autres » que nous ne connaissons pas, que nous ne connaitrons pas, contribuent pourtant indirectement à ce que nous sommes, à notre « être en devenir », nous imposent des directions avec lesquelles nous devons composer notre propre trajet.

Pour seul élément scénographique, un casque reflète les regards des passants et empêche le regard du performeur qui le porte. Une mise en abîme de « l’être étranger », et des regards qui sont portés sur lui. C’est avec un complice ‘cameraman’ que la trace vidéo est captée. L’espace public asiatique devient rapidement un espace de représentation : le cercle du public se dessine instinctivement autour des outils numériques, pour ne pas ‘ gêner l’image’. De retour en France, le temps du montage vidéo fait surgir immédiatement une interrogation fondamentale : avec tout ce ‘Capital Immatériel’ d’expériences et de petites histoires impromptues, une trace peut-elle prendre forme ?…et doit-elle avoir un but de production pour exister ? Le solo « Topie Impitoyable » recèle un début de réponse…

Tout « ces autres » que nous connaissons pas, que nous ne connaitrons pas et qui pourtant nous forgent indirectement

 


Performance: Jonathan Pranlas-Descours
Montage: Chloë Champion
Durée :  5’30

Images: Amandine Pranlas-Descours, Marc Coudrais, Soo-Jin Chun
Lieux: Shanghai (Chine), Taipei (Taiwan), Séoul (Corée du Sud)
2012