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La transmission de la pratique chorégraphique, des enjeux liés à la création artistique, ainsi qu’une réflexion engagée sur les modalités de mise en œuvre de l’action culturelle sont des axes essentiels du projet de SINE QUA NON ART. Cette réflexion de tous les instants permet de redéfinir à chaque fois le cadre et les orientations données aux actions d’ouverture vers les publics portés par la compagnie.

Si l’on considère la définition étymologique de la notion de transmission en tant que « communication du mouvement d’un organe à un autre, au moyen d’engrenages », le partage de la pratique artistique est l’engrenage permettant de jeter des ponts entre l’artiste et les publics. Appréhender le corps en mouvement, traverser une expérience sensible par le biais de l’acte artistique doit permettre d’exciter la curiosité et de nourrir une réflexion individuelle et collective vers les Arts.
Car les arts vivants ont cette spécificité, d’exister uniquement dans le temps de la confrontation entre un artiste en train de faire et un spectateur témoin de l’acte artistique dans son immédiateté : aucun support matériel tangible n’existe en dehors du temps de l’expérience, rien ne peut retranscrire ce qui a été traversé dans le temps de l’acte artistique.

Seule son expérimentation sensible en est la trace : elle est l’outil de transmission par excellence.

 

 

Cette expérimentation, cette rencontre, entre une pratique, une œuvre et le public, est au centre de chaque action. Elle permet de penser la mise en lien directe de l’activité de la compagnie avec l’autre, en mettant en jeu les points de vue de chacun, l’altérité du spectateur ou du pratiquant, qu’il soit occasionnel ou habitué. Tout est mis en œuvre, et à chaque fois d’une manière spécifique, pour que ce face à face entre artiste et public puisse permettre à chacun de devenir acteur de la situation. Il est question ici de soutenir une forme d’émancipation de l’esprit par le travail du corps, en permettant le temps d’une expérience avec l’artiste, d’investir un espace de prise de liberté, de prise de parole et d’activation des liens entre l’acte, la sensation, la perception, le rapport à l’autre.

Dans cette acception, le positionnement de l’artiste connait un déplacement incontournable : de « faiseur » il devient « passeur ». A la fois passeur d’une pratique chorégraphique, passeur d’une expérience sensible, passeur d’une autre façon de concevoir le monde, les artistes de SINE QUA NON ART revendiquent cette dimension comme étant indissociable de leur activité professionnelle de création. Dans les faits, les actions menées par la compagnie sont réfléchies et conçues pour permettre la rencontre avec un public le plus large possible, que ce soit en milieu pré-professionnel ou professionnel, en milieu amateur, ou en milieu scolaire.

Depuis sa création, la compagnie SINE QUA NON ART travaille à la mise en place de partenariats sur le territoire régional, national et international, et demeure ouverte aux nouvelles rencontres et partenariats à venir.

 

 

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L’engagement en direction du milieu pré-professionnel, a donné lieu à des collaborations avec de grands groupes, comme le Jeune Ballet Atlantique – Conservatoire d’Agglomération Musique et Danse de La Rochelle, L’école du Ballet du Nord – CCN Roubaix – Nord Pas de Calais, L’Escola Libre de Danças da Maré de Lia Rodrigues à Rio de Janeiro – Brésil. Ces actions permettent aux jeunes danseurs en formation de s’engager dans des processus de création chorégraphique, qu’il s’agisse de transmission de répertoire ou de créations spécifiques « sur mesure ». En dépassant le cadre d’une simple action pédagogique de transmission d’outils techniques, c’est le partage d’une pensée de l’acte artistique, d’un mode de vie basé sur la danse qui nourrit l’échange entre jeunes artistes en devenir et artistes professionnels.

 

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En milieu scolaire, nous répondons de manière singulière à toute proposition, du niveau primaire au secondaire jusqu’à l’université où nous avons déjà mené des ateliers lors de notre résidence en mai/juin2014. Le partenariat avec le Lycée Dautet, et l’option Art-Danse menée par Pascale Mayéras, est un ancrage fort sur le territoire rochelais. La qualité de l’engagement et le partage d’une pédagogie commune a permis de mettre en œuvre plusieurs actions fortes et riches de sens (créations de pièces chorégraphiques spécifiques, travail d’éveil de l’esprit critique face à la diversité des formes chorégraphiques). Ce travail sur le long terme a été fortement consolidé par la résidence d’artiste menée en 2014-2015 au sein de cet établissement.

 

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Pour ce qui concerne les plus jeunes, des actions ciblées sur la découverte et l’initiation à la danse sont régulièrement pensées en collaboration avec les enseignants qui manifestent une envie d’ouvrir un espace d’expression différent au sein du milieu éducatif. Que ce soit à l’école primaire où les enfants sont amenés à découvrir les outils professionnels des danseurs et chorégraphes (théâtres, studios de répétition, découverte des métiers artistiques), ou en crèche lors d’actions intergénérationnelles s’adressant aux enfants en bas âge et leurs parents pour redécouvrir ensemble l’espace et le temps à partir des questions de motricité, SINE QUA NON ART souhaite ouvrir des endroits de croisement pour multiplier les points d’entrée des nouvelles générations vers les pratiques artistiques et culturelles.

 

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Enfin, la pratique en amateur occupe également une place conséquente dans les actions mises en œuvre par SINE QUA NON ART. Un partenariat durable et privilégié s’est établit depuis plusieurs années avec l’association Etsem, entre Gironde et Dordogne : au fil des projets, les actions se sont configurées selon un grand nombre de cadres de fonctionnement. Dépassant ici le clivage amateurs / professionnels, le travail est mené à bien grâce à l’engagement de chacun et permet le dépassement de soi dans lors d’expériences collectives où le rapport à l’autre demeure l’enjeu central.

 

Ces différentes actions ne sont rendues possibles que par l’engagement sans faille des structures partenaires de l’action artistique et culturelle. Le travail préalable de préparation et de suivi sont indispensables. Cette collaboration étroite entre la structure accueillante et l’artiste est fondamentale pour la réussite de l’action de transmission. C’est uniquement à ces conditions que la transmission peut ouvrir un vaste ‘’chantier des possibles’’… où les frontières deviennent poreuses au monde et s’en inspirent.